Location saisonnière : fiscalité et règles locales depuis la loi du 19 novembre 2024
Louer à la semaine un appartement face au port ou une maison à deux rues de la plage ne relève pas des mêmes règles qu'un bail à l'année. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 a raboté l'avantage fiscal de la location de courte durée et donné aux mairies de quoi la limiter. Dans une commune littorale ou très touristique, ce sont ces décisions locales qui fixent ce qu'un propriétaire a le droit de faire.
Les plafonds et abattements de 2026
| Forme de location | Plafond de recettes au micro-BIC | Part retirée |
|---|---|---|
| Tourisme sans classement | 15 000 € | 30 % |
| Tourisme avec classement, chambre d'hôtes | 83 600 € | 50 % |
| Bail meublé à l'année, en comparaison | 83 600 € | 50 % |
Chiffres issus de la fiche Service Public consacrée aux revenus de location meublée. Obtenir un classement en étoiles auprès d'un organisme accrédité reste, sur le plan fiscal, nettement payant.
Les formalités que posent les communes
Avant la première réservation, la mairie attend en général une déclaration du logement ; dans bien des communes, elle délivre en retour un numéro d'enregistrement, que chaque annonce en ligne doit reproduire. Là où le conseil municipal l'a prévu, changer la destination d'un logement pour l'ouvrir aux vacanciers exige une autorisation de changement d'usage. Depuis 2024, le conseil municipal peut aussi réduire le nombre de jours pendant lesquels une résidence principale se loue aux touristes et instaurer des quotas, deux outils décrits avec le reste du cadre sur economie.gouv.fr.
Parler de mon projet dans cette commune
Sans ou avec étoiles : le calcul sur une saison
Un T2 près du front de mer encaisse 13 500 € de locations à la semaine sur l'année. Sans classement, l'administration retient 70 % de cette somme, soit 9 450 € soumis à l'impôt au micro-BIC. Classé, il n'est plus taxé que sur la moitié, 6 750 €. Le même T2 sans étoiles qui dépasserait 15 000 € de recettes perdrait carrément le droit au forfait et devrait tenir une comptabilité au réel. Quelques centaines d'euros suffisent pour la visite de classement, valable cinq ans, et l'écart d'impôt couvre souvent cette dépense dès la première saison.
La taxe de séjour
Là où elle a été votée, la taxe de séjour est due par le vacancier, pas par le propriétaire. Le loueur l'ajoute au prix de la nuitée et la transmet à la collectivité, à moins que le site de réservation ne s'en charge, ce qui est fréquent. Son tarif, fixé par personne et par nuit, est délibéré par la commune ou l'intercommunalité et dépend du classement de l'hébergement.
Saisonnier ou bail à l'année : comparer sur place
À la nuitée, la courte durée rapporte davantage, mais elle exige d'être présent ou de payer quelqu'un pour l'accueil, le ménage et les annonces, elle vit au rythme de la saison et peut être remise en cause par un vote du conseil municipal. S'y ajoute un écart fiscal creusé par la réforme : le forfait du bail à l'année retire la moitié des recettes, contre 30 % seulement pour un logement touristique sans étoiles.
Avant de signer un compromis dans l'intention de louer aux vacanciers, le service urbanisme de la mairie concernée est le premier interlocuteur, puisque c'est à cette échelle que les règles se décident.
Questions fréquentes
Quel abattement pour une location saisonnière sans classement en 2026 ?
30 %, tant que les recettes de l'année ne dépassent pas 15 000 €, seuil au-delà duquel le micro-BIC n'est plus accessible.
Que change le classement en étoiles ?
L'abattement passe à 50 % et le plafond à 83 600 € de recettes en 2026, comme pour un logement meublé loué à l'année.
Une déclaration en mairie est-elle obligatoire ?
Dans la plupart des cas, oui, souvent avec un numéro d'enregistrement à afficher sur l'annonce ; certaines communes réclament en plus une autorisation de changement d'usage.
Quelle loi a modifié les règles de la location saisonnière ?
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, qui donne aux communes davantage de moyens pour encadrer la location de courte durée.
Faut-il renouveler le classement en étoiles ?
Oui, tous les cinq ans, chaque fois après le passage d'un organisme accrédité qui visite le logement.
La taxe de séjour est-elle à la charge du propriétaire ?
Non, du voyageur. Le propriétaire ou la plateforme l'encaisse au moment du séjour et la transmet ensuite à la commune qui l'a créée.
Nos autres guides
- Amortir un meublé : du prix d'achat aux déductions annuelles, puis à la revente
- CFE et meublé : l'impôt local qui dépend de la commune où se trouve le logement
- Un expert-comptable pour son meublé : utile, facultatif ou indispensable ?
- Déclarer ses loyers meublés : une immatriculation au départ, un rendez-vous fiscal chaque printemps
- Non professionnel ou professionnel : deux conditions qui décident à votre place
- Micro-BIC ou réel : le même T2, deux impôts différents
- Studio en résidence étudiante, logement senior, chambre d'EHPAD : acheter un meublé géré
- Vendre un logement loué meublé : la plus-value après la réforme de 2025
- Louer meublé sans en faire son métier : le statut LMNP expliqué depuis la rue où l'on achète
- Le terrain maintenant : les communes de votre département →